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Lhomme est en contact direct avec son environnement
physique principalement par les pieds,
aussi bien en station érigée que durant la locomotion.
Différents travaux mettent en évidence le
pied en tant que capteur du système postural ( (Roll, Melvill
Jones, Mergner, Brun, Enjalbert
).
Les pieds peuvent également être considérés
comme les points de suspension du pendule inverse
que constitue lindividu debout, il oscille dans lespace
suspendu au sol par ses pieds. Mais avec
les membres inférieurs, le bassin et la colonne ceux-ci se
comportent également comme une
balance à lenvers. Le pied est également capable
de sadapter à un déséquilibre descendant
(Ceccaldi, Bricot, Janin). Différents travaux récents
montrent que la peau du pied est capable
de réagir à différentes stimulations mécaniques
ou physiques (Bourdiol, Bricot, Janin, Roll
).
Le but de cette expérimentation est de vérifier les
effets des semelles de reprogrammation
posturale sur léquilibre du corps dans lespace.
Plus spécifiquement, les semelles de reprogrammation posturale
sont de deux types différents :
- Semelles à champs polarisants (pol).
Linclusion à la partie inférieure du tiers moyen
de la semelle dun dispositif de polarisation
linéaire rectangulaire ; il a trois effets, deux cutanés
: extéroceptif et polarisant, un musculaire :
proprioceptif par effet de relief .
- Semelles de biostimulation (SBS).
Elles sont constituées dun générateur
de champs électrogalvaniques qui se charge et se décharge
de manière continue.Loutil danalyse est la plate-forme
de stabilométrie, elle permet danalyser
les oscillations posturales dun individu debout, dans différentes
situations et ainsi davoir une
idée sur son équilibre et son système postural.
Elle permet détudier dans le temps les variations de
position du centre de pression. Le tracé
ainsi obtenu sera à la base de lanalyse de différents
paramètres.
Les mesures principales retenues sont les suivantes : surface (S),
longueur (L), déviations
latérales (X), déviations antéro-postérieures
(Y), longueur en fonction de la surface (LFS),
variance de la vitesse de déplacement (VFY) ET quotient de
Romberg (Q RBG).
Ces mesures sont faites dans deux situations différentes
: Yeux Ouverts (YO) et Yeux Fermés
(YF) ; il est probable que la situation Yeux Fermés
est plus à même danalyser les
manipulations du capteur podal.
Toutes les variables dépendantes ont fait lobjet danalyses
statistiques afin de
vérifier les hypothèses de recherche suivantes :
* Les énoncés des hypothèses nulles nécessaires
à linférence statistique sont :
- les différents paramètres stabilométriques
Yeux Ouverts (YO) ne sont pas influencés par les
semelles de reprogrammation posturale ;
- les différents paramètres stabilométriques
Yeux Fermés (YF) ne sont pas influencés par les
semelles de reprogrammation posturale ;
- donc, léquilibre postural nest pas modifié
par les semelles de reprogrammation.
* Enfin les hypothèses alternatives qui seront acceptées
si les hypothèses nulles sont rejetées
, sont les suivantes :
- les différents paramètres stabilométriques
retenus Yeux Ouverts (YO) sont influencés par les
semelles de reprogrammation posturale ;
- les différents paramètres stabilométriques
retenus Yeux Fermés (YF) sont influencés par les
semelles de reprogrammation posturale ; - donc, léquilibre
postural est modifié par les
semelles de reprogrammation.
MÉTHODOLOGIE.
Cette étude a été réalisée sur
un ensemble de 203 patients présentant des pathologies du
système locomoteur et/ou de léquilibre. Ces
pathologies sont, dans une très forte proportion,
des douleurs rachidiennes et rhumatismales (175) ; les autres (28)
sont soit des scolioses (10),
soit des sportifs de haut niveau (13), soit des patients vertigineux
(5). Sur les 203 patients
examinés : 34 ont eu, en dehors des semelles, des traitements
intercurrents (correction de
lil, manipulations vertébrales, talonnettes
),
ils seront donc éliminés de notre analyse et
nous retiendrons seulement 169 sujets où seules les semelles
de reprogrammation posturale
furent testées.
A ) Variables indépendantes.
- Sexe.
La répartition en fonction du sexe est la suivante : 112
femmes, 57 hommes.
- Âge.
Les sujets analysés avaient de 7 à 81 ans.
- Semelles.
Certains de ces patients étaient en cours de traitement et
portaient déjà leurs semelles (63),
mais le plus grand nombre débutait le traitement le jour
de lanalyse (106).
Trois types différents de semelles furent utilisés
:
- les semelles polarisantes (pol) sur 58 sujets,
- les semelles de biostimulation (SBS) sur 103,
- dans quelques cas (8) une variante spéciale enfant (miniSBS).
B ) Variables dépendantes.
Cette étude a été réalisée sur
une plate-forme de stabilométrie de type QFP système.
Cette plate-forme de force à trois capteurs analyse la projection
du centre de pression des
pieds qui peut être assimilé, sur un sujet immobile,
au centre de gravité du corps (Gagey et al.).
La plate-forme, lenvironnement, le mode dutilisation,
les paramètres analysés, ont fait lobjet
dune normalisation en 1985 (Bizzo et al., normes 85).
Les enregistrements ont été réalisés
en conditions normalisées, sur les 169 sujets retenus, en
début de séance.
2 séries de 2 mesures ont été
faites :
1 - sans correction, Yeux Ouverts (YO) puis Yeux Fermés (YF)
;
2 - avec semelles de reprogrammation, Yeux Ouverts (2YO) puis Yeux
Fermés (2YF).
Pour les patients déjà porteurs dune paire de
semelles de reprogrammation posturale les
mesures étaient généralement effectuées
dabord avec les semelles puis sans.
Pour les patients consultant pour la première fois la première
série de mesures a été faite sans
correction et la deuxième avec semelles.
Les variables dépendantes, mesurées
sur un enregistrement de 51,2 secondes,
sont les suivantes :
1 - La surface (S), la surface de lellipse de confiance qui
comprend 90 % des positions
échantillonnées du centre des pressions, est la mesure
statistique la plus rigoureuse de la
dispersion de ces positions (Takagi et al. 1985, dans Weber et Gagey,
1995). Elle est exprimée
en millimètre carré.
2 - La longueur (L), ce paramètre nous a paru intéressant,
surtout en situation Yeux Fermés,
car il est souvent modifié par les manipulations des différentes
entrées du système postural.
Elle est mesurée en millimètre.
3 - X-moyen (X), Ce paramètre étudie le roulis, cest
à dire la désaxation latérale du centre
de pression. Il sexprime en millimètre, il est négatif
pour une déviation à gauche, positif pour
une déviation à droite.
4 - Y-moyen (Y), Celui-ci étudie la projection moyenne du
centre des pressions du sujet sur
laxe antéro-postérieur. Cette mesure est faite
en millimètre.
5 - La longueur en fonction de la surface (LFS), elle mesure le
chemin que parcourt le centre
des pressions par unité de surface. Ce paramètre donne
une idée de lénergie dépensée
par
le sujet pour contrôler son équilibre (Vallier).
6 - La variance en fonction du Y (VFY), il existe une très
forte corrélation entre la position du
centre des pressions selon laxe des Y et la variance de la
vitesse des déplacements ; il est
donc possible détablir une courbe de régression.
Le VFY mesure la valeur du paramètre du
patient par rapport à cette courbe.
7 - Le Quotient du Romberg (QRBG), il permet dapprécier
le poids de lil dans la gestion
de léquilibre (Henrikson et al.). Cest le quotient
de la surface Yeux Fermés par celle Yeux
Ouverts multiplié par 100 pour faire apparaître les
décimales : QRBG = (SYF/SYO) x 100.
C ) Les mesures.
1 ) Dans la série de références il y a deux
mesures :
- la première mesure est faite les Yeux Ouverts (YO), les
paramètres seront notés : SYO, LYO,
XYO, YYO, LFSYO, VFYYO ;
- la deuxième est faite les Yeux Fermés (YF), les
paramètres seront notés : SYF, LYF, XYF,YYF,
LFSYF,VFYYF, ensuite apparaîtra le quotient de Romberg (QRBG)
puisquil dépend des deux
mesures précédentes.
2 ) Dans la série avec semelles de reprogrammation posturale
les deux mêmes mesures seront
réalisées, les paramètres seront notés
:
- S2YO, L2YO, X2YO, Y2YO, LFS2YO, VFY2YO, pour la mesure les Yeux
Ouverts ;
- S2YF, L2YF, X2YF, Y2YF, LFS2YF, VFY2YF, pour la mesure les Yeux
Fermés, puis QRBG2 pour le
quotient de Romberg avec correction.
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La valeur de p significatif est classiquement fixée
à 0,05.
A ) ÉTUDE DES DIFFÉRENTS
PARAMÈTRES ANALYSÉS LES YEUX OUVERTS.
1 ) Étude de la Surface
Yeux Ouverts (SYO) : variation avant et après (S2.YO)
correction par la mise en place de semelles de reprogrammation
posturale.

La première constatation est la différence éminemment
significative des mesures sans
semelle (SYO) et avec semelles de reprogrammation (S2YO) puisque
le p est inférieur
à 0,0001. Mais plusieurs considérations peuvent
découler de lexamen de ces résultats :
- Certains patients qui souffrent ont des tracés sans
correction tout à fait dans les
normes 85 et cela même en début de correction (annexe
1-a).
- Nous navons pas éliminé de notre étude
ces patients pour essayer de comprendre ce
phénomène. La première hypothèse
est que ces patients ont su ou ont pu séquilibrer
dans
leur déséquilibre ; le pied joue alors un rôle
tampon non négligeable (Ceccaldi, Bricot,
Melvill Jones). Il est donc tout à fait logique que ce
soit dans cette partie initiale de la courbe
que lon trouve le plus deffets inverses des semelles
sur le paramètre surface (annexe 1 -b).
Cette constatation avait déjà été
faite lors dune étude en podométrie électronique
(Ceccaldi, Castéra).
- Par extrapolation nous pourrions déduire que cette
courbe correspond à différents
degrés dadaptation ou de compensation du système
postural. Très bien adapté
(ou compensé) pour les petites surfaces et de moins en
moins bien adapté au fur et à mesure
que lon sélève dans la valeur de la
superficie.
- Létude des centiles nous confirme que les écarts
sont dautant plus significatifs que la
surface sans correction est plus grande. Ce qui veut dire que
plus la courbe avant correction
est pathologique, meilleure est laction des semelles de
reprogrammation. Dailleurs pour les
grandes surfaces il ny a plus deffet inverse des
semelles (annexe 1 -b).
2 ) Analyse de la longueur (L) du tracé de projection
du centre de masse, en situation Yeux Ouverts, avant (LYO) et
après (L2.YO) correction par des semelles de reprogrammation
posturale.
Il y a sur ce paramètre un phénomène étonnant,
la différence est plus significative sur le
début, le milieu et la fin du tracé que sur les
zones intermédiaires à ces trois segments.
Nous navons pour linstant aucune explication à
ce phénomène, dautant plus quil nexiste
pas les yeux fermés. Au total la différence des
longueurs avant et après correction est
hautement significative avec un p < 0,0001, et elle se fait
dans le sens de lamélioration.
3 ) Analyse de la déviation latérale (X) en
situation Yeux Ouverts, avant (XYO) et après (X2.YO)
correction par semelles de reprogrammation posturale.
Ce paramètre na pas été, dans son
ensemble, modifié de manière significative par
les semelles, seules les valeurs les plus pathologiques sont
notablement améliorées. Nous navons pas
voulu créer, à posteriori, une sous-population
pour rendre ce paramètre significatif ; toutefois lannexe
2 -a,b,c montre que pour des valeurs de X inférieures
à -4 ou supérieures à +4 la déviation
est spectaculairement et significativement améliorée
par les semelles de reprogrammation.
4 ) Analyse , en situation yeux ouverts, de la projection
antéro-postérieure du centre de gravité,
avant (YYO) et après (Y2.YO) la mise en place de semelles
de reprogrammation posturale.
La mise en place de semelles de reprogrammation modifie de façon
significative (pour un risque à 0,05) la position du
centre de gravité ; toutefois plusieurs considérations
doivent être prises en compte :
- Si lon considère que la normalité est,
suivant les normes 85, entre -1 et -57 peu de sujets seront
considérés comme pathologiques ; si de manière
plus raisonnable on considère une position normale entre
25 et 40 on se rendra compte que les modifications sont beaucoup
plus significatives (Annexe 3) .
- Il y a pourtant un phénomène peu compréhensible
: les semelles ont tendance à antérioriser même
des sujets déjà en position antérieure.
Il sagit peut-être là encore dune levée
de compensation.
- Nous avons dans la plupart des cas, noté une discordance
entre le plan scapulaire et la projection en Y ; un plan scapulaire
antérieur et un plan fessier postérieur provoquent
une projection postérieure du centre de gravité
et au plus les épaules sont en avant, au plus le Y est
postérieur. Cette dissociation fera lobjet dune
analyse ultérieure.
5 ) Analyse du paramètre LFS (longueur
en fonction de la surface), en situation Yeux Ouverts, avant
(LFSYO) et après (LFS2.YO) la mise en place de semelles
de reprogrammation posturale.

Si lon se réfère aux
normes 85, il est très difficile de trouver un patient
hors normes, surtout en limite supérieure (1,39). Si
lon considère quun LFS bas est meilleur quun
LFS élevé (moins dénergie dépensée),
laction des semelles de reprogrammation est significative
à p = 0,0025.
Pour un LFS de départ supérieur à 1, laction
des semelles devient éminemment significative.
6 ) Analyse du paramètre VFY (variance en fonction
de la position moyenne en y), en situation Yeux Ouverts, avant
(VFYYO) et après (VFY2.YO) la mise en place de semelles
de reprogrammation posturale.

L action de la semelle visible sur cette courbe, se situe
au dessus dune valeur initiale de 0 (76 sujets). En dessous
aucune action significative (annexe 4 -a). Là encore
se pose la notion de critères de normalité ; dautant
plus que nous avons remarqué que les sujets de grande
taille avaient un VFY relativement élevé, à
linverse les sujets de petite taille ont généralement
un VFY bas. Il semblerait que les sujets les mieux équilibrés
aient un VFY plutôt bas ; ce qui correspondrait à
un tonus plus important du triceps sural (Gagey). Dans ces conditions
il se pourrait quil y ait une corrélation avec
le LFS ; cest ce que nous avons recherché dans
lannexe 4 -b.
B ) ÉTUDE DES DIFFÉRENTS
PARAMÈTRES ANALYSÉS LES YEUX FERMÉS.
Cest probablement les yeux fermés que lon
mettra le plus en évidence une action sur le capteur
podal , car dans cette situation on élimine au moins
partiellement linfluence de lil et son accroche
à la verticale.
1 ) Analyse des modifications du paramètre Surface
(S) en situation Yeux Fermés, avant (SYF) et après
la mise en place de semelles de reprogrammation posturale (S2.YF).

Là encore, comme en situation Yeux Ouverts, on
peut constater les différents degrés dadaptation
du système postural et la meilleure efficacité
pour des patients franchement pathologiques (surface>638).
Cest dans le premier quart du tracé que lon
retrouve des inversions deffets ; elles sont dautant
plus nombreuses que la surface initiale est plus basse (annexe
5). On notera également les écarts très
importants sur les derniers centiles (734/389)
2 ) Analyse des modifications du paramètre Longueur
(L) en situation Yeux Fermés, avant (LYF) et après
correction (L2.YF) par semelles.
Là encore nous trouvons une différence extrêmement
significative entre les mesures sans correction et avec semelles.
La différence est encore plus flagrante chez les patients
présentant des longueurs importantes avant correction.

Cest dans le tout début du tracé, chez des
patients posturalement parfaitement adaptés ou compensés,
que lon retrouvera une inversion deffets.
3 ) Analyse du paramètre X-moyen
en situation Yeux Fermés (étude du roulis),
avant (X.YF) et après correction (X2.YF) par semelles
de reprogrammation posturale.

En situation YF laction
des semelles est significative, toutefois plusieurs remarques
simposent :
- pour des valeurs extrêmes la différence se fait
dans le sens de lamélioration.
- Pour des valeurs intermédiaires négatives (déviation
gauche du centre des pressions) il y a aggravation de la déviation,
ce phénomène avait déjà été
noté dans la thèse du Dr. Ceccaldi et confirmé
par différents travaux en podométrie électronique
(Castéra). Chez des patients partiellement adaptés
à leur déséquilibre, les pieds auraient
un rôle compensateur ; de plus ils fonctionnent comme
une balance à lenvers et séquilibrent
souvent dans une répartition des pressions proche de
50%dt/50%gch.
- La même remarque, mais à un degré moindre,
peut être faite pour les valeurs intermédiaires
positives (déviation droite du centre des pressions).
Ces différentes analyses sont confirmées en annexe
6 -1 et 6 -2.
4 ) Analyse de la projection antéro-postérieure
du centre de gravité (Y) en situation Yeux Fermés,
avant (YYF) et après (Y2.YF) semelles de reprogrammation
posturale.
Sur lensemble la différence
nest pas significative.
La légère tendance à
lantériorisation se confirme franchement en éliminant
les valeurs normales de la courbe initiale (annexe 7).
5 ) Analyse du paramètre Longueur
en Fonction de la Surface, Yeux Fermés, avant (LFSYF)
et après (LFS2YF) correction par semelles de reprogrammation
posturale.
Les normes 85 définissent comme critère
de normalité un LFS égal à 1. Si le LFS
est supérieur à 1, le chemin parcouru par unité
de surface est supérieur à la normale, donc lénergie
dépensée est plus importante que pour un LFS bas.

Sur ce graphe nous constatons que leffet
des semelles provoque une tendance nette à la diminution
de ce paramètre ; la valeur de p est à la limite
dune valeur significative (0,05).
Lannexe 8 nous montre ce que deviennent cette valeur,
ainsi que la courbe, pour un LFS initial supérieur à
1.
6 ) Étude du paramètre
Variance en Fonction de la position moyenne en Y avant (VFY.YF)
et après mise en place des semelles de reprogrammation
posturale (VFY2.YF) en situation Yeux Fermés.

Ce paramètre est modifié
de manière significative par la mise en place de semelles
de reprogrammation posturale. Lannexe 9 nous montre ce
quil se passe pour des valeurs initiales du VFY.YF supérieures
à 0.
7 ) Analyse du quotient du Romberg avant
(QRBG) et après correction par des semelles de reprogrammation
posturale (QRBG2).
Le quotient du Romberg mesure le poids
de lil dans la gestion de léquilibre
postural.

Les normes 85 définissent un quotient du Romberg normal
entre 112 et 677, il est donc très rare de trouver un
sujet pathologique même chez des patients algiques ou
vertigineux. Toutefois, si lon considère comme
logiquement normal un quotient du Romberg entre 146 (normalité
enfant) et 288 (normalité adulte), les semelles de reprogrammation
ont tendance à normaliser, de manière éminemment
significative, les valeurs extrêmes initialement pathologiques
(annexe 10 -1 & 2).
C ) ÉTUDE DE LEFFET
COMPARÉ DES DIFFÉRENTS TYPES DE SEMELLES
Les semelles testées dans cette expérimentation
sont de trois types :
- les semelles à champs polarisants (pol),
- les semelles de biostimulation (SBS),
- une variante à effet plus faible (miniSBS).
Les semelles à champs polarisants (pol : 58) sont utilisées
en posturologie depuis 1979 ; les patients testés avec
ces semelles en étaient généralement à
leur troisième mois de traitement, ils ont été
testés avec et sans semelles. Les enregistrements faits
avec les SBS (103 sujets) et les miniSBS (8 sujets) correspondent
plutôt à des patients en début de traitement.
Ces décalages chronologiques peuvent expliquer les légères
différences que lon a pu constater sur laction
comparée des différents types de semelles ; mais
sur lensemble, les différences sont peu significatives,
comme nous le montre lanalyse suivante :

Ce graphe représente létude
comparée de la différence des moyennes de surface,
avant et après correction, en situation YO, pour chaque
type de semelles (SYO - S2.YO).
Nous navons retenu que les résultats
présentant des différences significatives entre
chaque type de semelles utilisées.
Notamment sur la Surface Yeux Fermés
où la différence est très
nettement en faveur des SBS ; mais cette différence peut
être due au fait que les sujets testés en début
de traitement (donc plutôt avec des SBS) peuvent avoir
des surfaces initiales très pathologiques, or cest
chez eux que les résultats sont les plus spectaculaires.



l en est de même pour le
paramètre Longueur en situation YF :


Également le Quotient
de Romberg :
Les semelles de reprogrammation posturale
de type SBS diminuant de façon importante la surface
en YF, il est logique de trouver une répercussion sur
le quotient de Romberg ; cest ce que lon constate
sur le graphe suivant :

| INTÉRPRÉTATIONS
GÉNÉRALES |
|
Cette expérimentation avait pour but de
vérifier leffet des semelles de reprogrammation
posturale sur léquilibre du corps dans lespace.
Les mesures ont été réalisées à
laide dune plate-forme de stabilométrie,
instrument reconnu et validé pour ce type de mesures,
dans des conditions normalisées (normes 85). Les données
obtenues ont été intégralement rapportées
dans leur ensemble et aucun sous-groupe à posteriori
na été créé dans lanalyse
principale. Ces sous-groupes ont toutefois été
détaillés dans les annexes afin de mieux comprendre
les phénomènes dadaptation posturale et
certains effets sur des valeurs initiales plus pathologiques.
Les critères de normalité établis par les
normes 85 ont le mérite dexister (Gagey) ; toutefois
ils semblent avoir une grande échelle de tolérance
et ne pas toujours sadapter au contexte clinique.
Lexpérimentation permet également de mettre
en évidence les différents degrés dadaptation
du système postural des patients et la plasticité
de celui-ci, capable de plus ou moins compenser les différents
déséquilibres. Il serait peut-être intéressant
de comparer certains des paramètres mesurés, au
nombre de capteurs déréglés chez un patient
afin de vérifier ces différents degrés
dadaptation ou de désadaptation en fonction du
nombre. Les différentes mesures réalisées
ainsi que le nombre de sujets analysés nous permettent
davoir une bonne cohérence dans les résultats
obtenus, sur une population harmonieusement répartie
dans les pathologies.
Les résultats les plus probants ont été
obtenus sur les paramètres classiques : Surface (S),
Longueur(L) aussi bien en situation Yeux Ouverts que Yeux Fermés
; ainsi que sur les paramètres qui en découlent
: Longueur en Fonction de la Surface (LFS), Quotient de Romberg
(QRBG).
Pour les déviations latérales (X-moyen) du centre
des pressions (assimilable au centre de gravité), laction
des semelles nest significative quen situation Yeux
Fermés (YF).
En situation Yeux Ouverts laction est difficilement objectivable.
En réalité laction est très significative
sur des valeurs initiales inférieures à -4 ou
supérieures à +4 mais qui se compensent mutuellement
au niveau du résultat final, car elles se font en positif
dun côté de la ligne médiane et en
négatif de lautre côté. On ne peut
donc conclure sur ce paramètre à un manque defficacité
des semelles (annexe 2).
Dans le sens antéro-postérieur (Y-moyen), la tendance
est à lantériorisation. Sur ce paramètre
il faudra retenir la discordance entre la position moyenne en
Y et le déséquilibre réel du patient. Il
semblerait en effet que lappui talonnier postériorisant
le Y correspondrait souvent à une compensation dun
décalage antérieur des épaules. Laction
sur le VFY des semelles de reprogrammation est éminemment
significative en situation Yeux Fermés, en situation
Yeux Ouverts le résultat nest significatif que
pour des valeurs initiales supérieures à 0 (annexe
4). En réalité, nous avons poussé lanalyse
jusquà des valeurs de -1,50 (145 sujets sur 169)
la différence reste significative avec une valeur de
p = 0,0048. Cest donc sur des valeurs initiales extrêmement
basses du VFY (24 sujets) que la mesure perd sa significativité,
car lécart se fait dans le sens opposé.
En ce qui concerne laction des différents types
de semelles, les groupes nétant pas homogènes,
il est délicat de tirer des conclusions.
Laction des mini SBS est difficilement interprétable
car 8 sujets seulement ont bénéficié de
ce type de correction. Si les semelles à champs polarisés
(POL) semblent plus efficaces sur le paramètre Surface
en situation Yeux Ouverts (SYO/S2.YO), tous les autres paramètres
sont en faveur des semelles de biostimulation (SBS) qui semblent
légèrement plus efficaces.
A la lueur des résultats de cette expérimentation
et des interprétations précédentes, on
peut sans aucun doute rejeter les hypothèses nulles et
affirmer :
- les différents paramètres stabilométriques
retenus Yeux Ouverts (YO) sont influencés par les semelles
de reprogrammation posturale ;
- les différents paramètres stabilométriques
retenus Yeux Fermés (YF) sont influencés par les
semelles de reprogrammation posturale ;
- donc, léquilibre postural est modifié
de manière significative par les semelles de reprogrammation.
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Nantes. Thèse. 1994
VILLECHEVROLLE O. Influence
des semelles de reprogrammation posturale globale sur
le test de Fukuda. Nantes. Mémoire de diplome duniversité
de parodontologie et doccluso. 1994. |
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Annexe 1 -a.

Ce graphe des centiles représente
les courbes initiales (SYO) et après correction par
semelles de reprogrammation de 106 patients qui consultaient
pour la première fois et qui navaient jamais
porté de semelles auparavant.
Annexe 1 -b.

Cette analyse mesure les différences
de surface sans semelle et avec semelles (dif. SYO-2) ; la
valeur est positive en cas de diminution de surface avec semelles
et négative dans le cas contraire.
Elle mesure également la corrélation de ce résultat
avec la surface initiale (sans correction) ; une droite de
régression a été tracée, elle
montre bien que la différence de surface avant et après
correction est dautant plus notable que la surface initiale
est plus grande (donc plus pathologique) et que les inversions
deffets ne se produisent que pour les petites surfaces
donc chez des patients bien adaptés à leur déséquilibre.
Il ny a pas dinversion deffets
pour des surfaces initiales supérieures à 260.
Annexe 2 -a.
Sur cette analyse, seuls les patients ayant un XYO avant correction,
inférieur à -4 ou supérieur à
+4, ont été sélectionnés : on
constate un recentrage évident après correction
par semelles de reprogrammation.
Annexe 2 -b :
pour un X < -4 ou X > +4, la différence devient
significative
Annexe 2 -c.
Annexe 3.
Pour des valeurs extrêmes de YYO,
la différence est hautement significative ; toutefois
nous avons constaté pour quelques sujets déjà
très antérieurs, une légère aggravation
du décalage antérieur après la mise en
place des semelles de reprogrammation. Il sagit probablement
là encore dune levée de compensations,
elles-mêmes en rapport avec le dérèglement
dun autre capteur (entrée occlusale ou cicatrice
antérieure compensée au niveau du pied).
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Annexe 4 -a.
VFY supérieur à 0 : pour un VFY initial supérieur
à 0 (76 sujets), il existe une action fortement significative
des semelles de reprogrammation posturale (valeur de p <
0,0001).

Il semblerait que les sujets les mieux équilibrés
aient un VFY plutôt bas ; ce qui correspondrait à
un tonus plus important du triceps sural (Gagey). Dans ces
conditions il se pourrait quil y ait une corrélation
avec le LFS ; cest ce que nous avons recherché
dans lannexe 4 -b. Cette corrélation existe de
façon très étroite entre VFY et LFS et
lon pourrait même se demander si lune des
deux analyses ne serait pas inutile.
Annexe 4 -b.
Annexe 5 -a.
SYF-S2YF mesure la différence de surface Yeux Fermés
avant et après correction, positive elle reflète
une amélioration, négative un effet inverse

Annexe 5 -b.
Les inversions deffets, pour le paramètre surface
en YF, sont tout à fait modérées et se
produisent pour des surfaces initiales le plus souvent très
petites et de toutes façons inférieures à
la limite supérieure des critères de normalité
(638 mm2).

Annexe 6 - 1.
Pour des valeurs extrêmes de XYF avant correction (<
-9 ou >+9) lamélioration est la règle
(X2YF = avec semelles).

Annexe 6 -2.
Pour des valeurs initiales intermédiaires de XYF :
étude du graphe avant et après correction (X2YF).

Annexe -7.
Après avoir enlevé de lanalyse les valeurs,
avant correction (YYF), les plus proches de la normale (de
-20 à -40), la différence après correction
(Y2YF) est alors significative et se fait en direction de
lavant, surtout pour les sujets les plus postérieurs.
Annexe 8.

Pour un LFS YF initial supérieur à 1
(49 cas), la différence avec (LFS2.YF) et sans semelles
de reprogrammation devient éminemment significative
avec une valeur de p < 0,0003.
Annexe 9.

Pour un VFY initial supérieur à 0 (92
sujets), la différence devient éminemment significative
avec une valeur de p < 0,0001.
Annexe 10 -1.
Pour un Quotient initial (QRBG) > 288.

Annexe 10 -2.
Pour un QRBG < 146 :

Dans les deux cas de valeurs extrêmes pathologiques,
il est noté une différence franche et hautement
significative (valeur de p < 0,001) des mesures faites
avec semelles de reprogrammation posturale.
Dans les deux cas, cette différence se fait dans le
sens de lamélioration.
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